Le langage qui sert à communiquer n’est que sa forme dégradée, sa chute. En vérité, le langage est en soi l’espace du sens. Car il existe un langage immédiat des choses qui se présente, muet, dans leur être même parce que la Création dont parle la Bible s’est faite par le Verbe. L’homme, quant à lui, traduit comme Adam ce langage en nommant les choses. Le langage humain est l’écho de celui des choses. Ainsi conçu, le langage relève, dans la littérature, du simple bavardage communicationnel qui a dispersé et obscurci le Verbe, et a pour horizon, en brisant les barrières érigées par Babel entre les langues, la « langue pure » de la Création et de Dieu.
Ce bref texte, romantique, métaphysique et théologique de Walter Benjamin renouvelle, avec plus tard les tentatives de Wittgenstein et de Heidegger, la pensée du langage. Avant tout, il témoigne de la nécessité de la littérature et de l’importance de la traduction.
Sur le langage et sur le langage de l’homme en particulier
Walter Benjamin
Traduction d’André Hirt
Les noms et les choses
André Hirt






