En France, les études sur les génocides – genocide studies dans le monde anglo-saxon – ont accumulé un retard considérable. Cet ouvrage se propose de faire le point à partir d’études thématiques et d’analyses contextuelles. Il commence par retracer les évolutions contemporaines de la compréhension des génocides. Si le génocide arménien est généralement considéré comme le premier des génocides, l’ouvrage fait droit à plusieurs « protogénocides », comme celui des Hereros et des Namas. Il mobilise des archives publiques et privées inédites pour mieux analyser les mécanismes génocidaires. Il prend en compte la question délicate de l’intentionnalité génocidaire, qui mobilise surtout l’activité des juristes et des militants des droits de l’homme. Mais l’attention est aussi tournée vers les situations prégénocidaires et la protection des victimes potentielles ou réelles. D’autres interrogations essentielles sont abordées dans cet ouvrage : le jugement des génocidaires, la teneur de l’enseignement sur les génocides, les stratégies de guérison, la question des génocides culturels. Plusieurs études de cas (génocide arménien, assyro-chaldéen, Shoah, génocide kurde, cambodgien, bosniaque, tutsi…) sont menées conjointement. L’enjeu est bien de mieux faire face aux génocides en ce début de XXIe siècle.
Jean-François Petit, religieux assomptionniste, est professeur habilité en philosophie à l’Institut Catholique de Paris et enseignant à l’Institut Chrétiens d’Orient. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, il est un spécialiste reconnu de l’histoire de la philosophie française au XXe siècle, notamment du personnalisme. Il dirige aussi le Réseau philosophique de l’interculturel.






