Tout le monde croit connaître la propagande nazie, par la voix bruyante de Hitler, mais presque personne n’arrive à la reconnaître dans ses formes les plus performantes : la boisson Fanta, les costumes Hugo Boss, les entreprises Ford, Porsche, Volkswagen, IBM ou Tesla, la série télé Inspecteur Derrick, Les trois petits cochons de Disney, les écrits des prix Nobel Heisenburg ou Lorenz, sans parler de quelques bestsellers, romans et livres de philosophie. La propagande nazie fut et reste si efficace – au milieu de l’extrême droite mondiale – parce qu’elle se drape dans des formes divertissantes, innovantes et en apparence innocentes.
Percer à jour le projet historique de la propagande nazie permet de comprendre toutes ses ramifications contemporaines. Pour y parvenir, le livre d’Alexander Neumann reprend des enquêtes que l’École de Francfort n’avait pas poussées jusqu’au bout, tout en exposant l’état de l’art international, introduisant ici ses propres recherches. Il montre que le noyau dur de la propagande nazie réside dans son organisation médiatique, institutionnelle, industrielle et scientifique, davantage que dans son discours politique grossier. L’exemple Elon Musk permet d’actualiser et de détailler cette approche critique. Le livre permet de cerner le problème, de le rendre visible et invite les lecteurs à désintégrer la propagande nazie.
Alexander Neumann est professeur à l’Université Paris 8 – Vincennes où il occupe le poste Internationalisation des pensés critiques, Sophiapol (sociologie, philosophie, anthropologie). Il a été initié à la Théorie critique francfortoise par Oskar Negt, disciple de Theodor W. Adorno. Il est l’auteur de Après Habermas (Delga, 2015) ; Kritische Arbeitssoziologie (Schmetterling, 2016) ; La révolution et nous. La formation de la Théorie critique de 1789 à nos jours (La Brèche, 2023, préface O. Negt).






